Funiculaire Notre Dame de la Garde :

Le haut de la colline où était érigée la chapelle fut longtemps difficilement accessible. Les pèlerins empruntaient à pied la rue Fort Notre Dame, la place de la Corderie, la rue des Brusques, puis l’escalier menant au sommet, qui constituera l’itinéraire historique et que l’on peut encore emprunter de nos jours. Dans les années 1850 le secteur va s’urbaniser et de nouvelles voies vont être créées (bd Vauban, bd Notre Dame, bd André Aune…) qui vont faciliter les déplacements ; cependant l’ouverture de la basilique en 1864 va drainer un nombre de plus en plus important de visiteurs et l’organisation du transport va rapidement se poser. Une ligne ascenseurd’omnibus va être créée entre le Cours Saint Louis et Notre Dame de la Garde, qui se révèlera nettement insuffisante; de nombreux projets de funiculaires (voire d’aérostat) vont apparaître. C’est celui présenté par Emile Maslin, ingénieur aux Forges et Chantiers de la Méditerranée qui va être retenu par le Conseil Municipal en 1889. Avec Jean-Elie Dussaud, propriétaire du terrain de la Rue Jules Moulet (à hauteur de la Rue Dragon) où sera implantée la gare de départ, il va fonder la Société des Ascenseurs de Notre Dame de la Garde. Ayant eu l’autorisation du recteur de la basilique pour l’implantation de la gare supérieure, les travaux de construction débutent en janvier 1890 et l’ascenseur est inauguré le 30 juillet 1892. Dans la seule journée du 15 août 1892, le nombre de voyageurs dépasse 15 000.
Jusqu’à la seconde guerre mondiale environ 600.000 personnes l’emprunteront chaque année. À partir de 1895 un service d’omnibus est créé au départ du Chapitre pour amener les voyageurs à la gare de départ et en 1906 une voie sera implanté dans la Rue Dragon pour la mise en service d’une ligne de tramway au départ du Châpitre (l’été seulement); cette ligne sera supprimée dès 1910, la desserte étant assurée « au plus près » par ceux de la ligne 59 sur le Bd Notre Dame. Malgré des travaux de rénovation et le remplacement des cabines en 1945/1946, la situation de l’ascenseur va commencer à se dégrader, au début des années 50, avec notamment le développement de l’automobile et l’aménagement de parkings au pied de la basilique. Les autocars de touristes mèneront de plus en plus souvent leurs passagers directement à ces parkings au lieu de les déposer à la gare de départ de l’ascenseur, d’ailleurs de plus en plus difficilement accessible en raison du stationnement dans la Rue Dragon. Commence alors la spirale infernale de la chute régulière de la fréquentation et de la nécessaire rénovation de l’ouvrage.
La situation financière ne s’arrangeant pas et l’ouvrage se dégradant de plus en plus, la décision d’arrêter l’exploitation est prise et c’est ainsi que le 11 septembre 1967, les cabines feront leur dernière ascension. Les travaux de démolition commenceront en mars 1974 et dureront quelques mois.

Comment fonctionnait l’ascenseur ?

Il était constitué de deux cabines pesant 13 tonnes à vide, circulant sur deux voies parallèles munies de crémaillères. Le mouvement était produit par un système dit « à balance d’eau » ; chaque cabine, outre ses deux étages qui pouvaient recevoir 50 passagers au total, était munie d’un réservoir d’eau de 12 m3. Les cabines étaient reliées par un câble de sustentation; le réservoir de la cabine descendante était rempli d’eau (celui de la cabine ascendante étant bien entendu vidé). Ce lestage assurait la mise en marche du système. La différence de niveau entre les deux gares était de 84 mètres. L’eau recueillie au pied de l’appareil à l’issue de chaque voyage était ramenée au sommet à l’aide d’une pompe de 25 ch (de vrais chevaux-vapeur, car la pompe était actionnée par la vapeur). Si la durée du trajet était de deux minutes, le temps nécessaire au remplissage du réservoir supérieur dépassait les dix minutes, obligeant à espacer les départs, malgré l’affluence souvent considérable.

La gare inférieure se situait dans la Rue Jules-Moulet, à l’extrémité de la Rue Dragon. La gare supérieure donnait directement sur une passerelle qui donnait accès à la terrasse située sous la basilique. Cette passerelle de 100 mètres de long et 5 mètres de large, construite par Eiffel, surplombait la pente abrupte et le mistral s’y donnait à cœur joie.


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